LA COMPAGNIE LA TARASQUE
présente
PETIT BOULOT POUR VIEUX CLOWN
de Matéï VISNIEC
Mise en scène :
CLAUDIE LEMONNIER
Avec
Philippe GLORENNEC (Nicollo)
Claude JOUVE (Filippo)
Gérard BLEYRA ( Peppino)
Et la participation de Robert FAUQUE
Musique :
NINO ROTA
Lumières :
Gaël GAURIN
Maquillages :
Danielle LEONARD
CREATION FESTIVAL 2007
« PETIT BOULOT POUR VIEUX CLOWN »
de Mateï VISNIEC
Après deux années passées en compagnie d'Eugène IONESCO, avec « MACBETT » qui connut un beau succès lors des FESTIVALS d'AVIGNON 2005 et 2006, cette année verra la création de « PETIT BOULOT POUR VIEUX CLOWN » de Matéi VISNIEC , auteur roumain lui aussi.
Est-ce la nationalité qui veut cela ?... Mais nous retrouvons chez cet auteur un univers qui n'est pas très éloigné de celui de IONESCO :
le pathétique qui se cache derrière un humour fou, débridé, une grande tendresse pour les petites et grandes misères de l'être humain, une poésie à la limite du fantastique...
Et puis surtout, c'est un travail fort passionnant pour les comédiens :
les rapports humains y sont exacerbés : amitié, amour, haine, jalousie, violence, lâcheté qui ne demandaient qu'à s'exprimer vont exploser face à la vieillesse, le chômage, et la peur, constamment présente...
La peur de l'autre, le copain, le double, et la peur de ceux qui tirent les ficelles, qui sont « derrière la porte » toujours invisibles mais que l'on sait présents, à l'écoute...
Dans cette pièce quelque chose nous rappelle « HUIS CLOS » de Sartre : pas de fenêtre, une porte hermétiquement close, une attente interminable pour les trois protagonistes, l'absence de repères ( l'heure incertaine...)
Et puis surtout ces trois clowns nous touchent par la part d'enfance qu'ils ont gardée, leurs rires à gorge déployée, leurs larmes, leurs jeux dérisoires...
Le sujet profond de cette pièce ne serait-il pas finalement la condition humaine ?..., sa fragilité et « LE PETIT BOULOT... » ne représente-t-il pas le « BOULOT ULTIME », à savoir le passage de la vie à la mort ?
MISE EN SCENE - SCENOGRAPHIE
Les personnages
Ces trois clowns étaient décris dans les didascalies de l'auteur habillés de la même façon, costumes, lavallières, chapeaux, valises identiques.
Il m'est apparu en étudiant la pièce que ces trois personnages étaient extrêmement différents dans leur physique et surtout leur mentalité.
C'est pourquoi je me suis dirigée vers des costumes, des maquillages, des accessoires diversifiés...
NICOLLO est le clown au départ sans doute le plus sympathique, naïf, un peu bête, manipulé par les autres ...Physiquement il quelque chose à voir avec HARPO des Markx Brothers , il est le seul à s'être rendu à ce rendez- vous dans un costume de «clown » ou presque , il a un côté très enfantin dans sa façon de se mettre en avant, de montrer ce qu'il sait « encore » faire (malgré l'âge et le temps qui passe...)
Par la suite on s'apercevra qu'il peut aussi être cruel et lâche...
FILLIPO , c'est le truand « corse », extrêmement manipulateur, séducteur, qui joue sur tous les sentiments afin d'arriver à ses fins c'est-à-dire à se faire embaucher suite à la petite annonce...
Il utilise toutes les ficelles pour entortiller Nicollo et Peppino, les dresser l'un contre l'autre, diviser pour règner pourrait être sa devise.
Il a un aspect légèrement clochardisé , on sent qu'il ne roule pas sur l'or et qu'il frime avec son vieux cigare , son melon et son costume rapiécé .
PEPPINO , c'est l'ATTORE (l'acteur italien...), le Maestro qui a tout appris aux deux autres , qui connaît « le métier », il est le plus élégant, une lavallière et un costume neufs, il a une certaine prestance comme le dit Visniec , et pour ma part il me fait un peu penser à un maffioso de haut vol ...
Les trois personnages sont italiens, il y a de nombreuses références à l'Italie et leur langage, leur comportement, leur jeu est manifestement de ce pays ...
Le décor
Il est constitué d'une toile de cirque avec au centre une grande porte à deux battants fermée, ses petites lumières et leur clinquant dérisoire...
Ainsi que les personnages le disent eux- mêmes, ils vont se trouver en vase clos dans ce qui pourrait être l'antichambre ou une salle d'attente située devant l'ouverture principale d'un petit cirque .
Pas de « fenêtres », une porte impressionnante qu'il est impossible d'ouvrir, des bruits étranges qui se manifestent lorsqu'une personne approche , de la fumée , une atmosphère un peu fantastique qui ajoute à la tension que vont subir les trois clowns durant cette attente que constitue le déroulement de la pièce
La musique de Nino Rota s'est imposée.
Elle colle parfaitement avec l'univers de Visniec qui nous rappelle aussi celui de Fellini...( extraits de 8 ½ ...)
